à bientôt,
Mademoiselle F.

Une petite salle aux fauteuils rouges, quelques spectateurs.
Et la séance commence avec « Délice Paloma », de Nadir Moknèche (réalisateur de « Viva Laldjérie »).
Moknèche, peintre de l’Algérie d’aujourd’hui, pays d’où peu de film nous parviennent.
Mme Aldjéria, l’héroïne, prend les rênes de cette comédie humaine. Et elle a bien des choses à nous dire.
Elle sort de prison, visage tragique, comme si elle se rendait à son propre enterrement, mais démarche de star.
Mme Aldjéria était business woman, réglant toutes les affaires d’un coup d’éventail, par la magie des pots de vins et des dessous de table. Vendant des « bombes nucléaires à faire rêver les
Iraniens », comprenez des beautés. Comme une meneuse qu’on n’oserait pas appeler mère maquerelle. Elle s’était elle-même appeler « bienfaitrice nationale », elle veut être la
protectrice de son clan (dont son fils Ryad, mesdames penser à fermer la bouche quand il parait à l’écran).
Une atmosphère entre univers mafieux et comédie familiale au bord du drame.
Dans ce film, Nadir Moknèche a donné un rêve à tous ses personnages ; celui de « Madame » est de devenir acceptable en rachetant des thermes. Celui de sa collaboratrice Shéhérazade
est de trouver un époux et avoir des enfants. Celui de Ryad et de retrouver son père (qui n’a jamais connu) en Italie. Et celui de Paloma (baptisée ainsi par Madame Aldjéria), devenir
danseuse.
Le rêve que Mme Aldjéria allait toucher du doigt va se refermer sur elle comme un piège.
Dans un interview Moknèche dit « il n’y a rien de plus dangereux qu’un rêve qui si réalise », et Shéhérazade est là pour le prouver : le mari qu’elle a trouvé lui fait porter le
voile et l’enferme dans un monde d’interdits.
Entre splendeur du passé et vulgarité du présent… pour que rien ne se fige il faut continuer à imaginer !
Un très bon film, à voir.
Franco-algérien (2h14). Scén. : Nadir Moknèche.
Avec Biyouna, Nadia Kaci, Aylin Prandi, Daniel lundh, Fadila Oubdesselam.
Emmanuel Tellier se penche sur les vertus, toujours renouvelées, du plus étonnant des instruments de musique : la voix
humaine. Notre journaliste passe en revue celle de Ron Sexmith, Jude, Jérémie Kisling, Devendra Banhart et autres Karen Dalton.
Dédicace particulière à Jérémie Kisling, et à Devandra Banhart (le beau ténébreux en haut à gauche)...
A celles, et ceux qui ne connaissent pas encore : ECOUTEZ VITE ! et savourez...
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